La monnaie unique, l’ECO pourrait enfin voir le jour dans la CEDEAO. Cependant, des défis persistent. La 68ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’état et de gouvernement de la CEDEAO, ouverte le 14 décembre 2025 à Abuja, a une nouvelle fois mis en exergue les enjeux cruciaux de l’intégration monétaire régionale.
A moins de deux ans du lancement de l’ECO prévu pour 2027, les dirigeants ont exprimé leurs préoccupations face aux performances mitigées des états membres en matière de convergence macroéconomique et aux retards dans la mise en œuvre de la feuille de route adoptée en 2021.
En effet, le projet de monnaie unique, en gestation depuis plus de deux décennies, vise à remplacer les monnaies nationales et à renforcer le commerce intra régional, qui reste faible malgré les potentialités de la zone.
En clair, l’ECO promet de réduire les coûts de transaction, stabiliser les échanges et favoriser une meilleure intégration économique pour les plus de 400 millions d’habitants de la région.
Cependant, les critères de convergence, inflation maîtrisée, déficit budgétaire limité, réserves de change suffisantes, ne sont respectés que par une minorité d’états, comme le Togo.
La conférence a donc, face à ces obstacles appelé les membres à adopter des politiques économiques rigoureuses et à trouver un consensus sur les arrangements institutionnels sensibles, tels que le régime de change et la gouvernance de la future banque centrale.
Elle a également décidé de réactiver la Task Force présidentielle sur le Programme de monnaie unique, afin d’accélérer les discussions sur les questions urgentes, de même que l’adoption d’un cadre harmonisé de comptabilité publique, à intégrer dans les législations nationales d’ici 2029.
Il va sans dire qu’avec ce pragmatisme, renforcé par la détermination affichée à Abuja, l’ECO pourrait enfin devenir réalité, marquant un tournant historique pour l’autonomie économique ouest-africaine.
Car, malgré les reports successifs (2005, 2020), la CEDEAO maintient son ambition pour 2027, avec une approche graduelle : les pays prêts pourraient lancer l’ECO, les autres rejoignant ultérieurement.
Bertin Djitrinou